Le Mouvement des Jeunes Madibaristes MJM 466-64 a organisé ce jeudi 23 juillet 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, une grande conférence pour célébrer l’héritage de Mandela dans le cadre de ses Journées d’Investissement Humain. Une initiative qui mêle action citoyenne et débat d’idées, fidèle à l’esprit de Nelson Mandela, dont le mouvement promet les valeurs depuis des années à travers des opérations de nettoyage de la Corniche Ouest de Dakar, des îles de Gorée et du campus de l’UCAD.

« La crise politique en Afrique : le panafricanisme et la philosophie Ubuntu comme solutions »
C’est sur ce thème que les étudiants ont échangé avec Dr Gnaka Lagoke, Maître de Conférences en Histoire et Études Panafricaines à Lincoln University USA, invité d’honneur de la rencontre.

Face à la presse, l’historien est revenu sur le contexte actuel du continent : « Aujourd’hui au 21e siècle, nous sommes en train de vivre un nouvel âge d’or du panafricanisme et cela se manifeste de plusieurs façons. Au niveau des États, les leaders revendiquent le panafricanisme. Le Ghana a organisé en 2023 et 2026 deux grandes conférences sur la réparation. Le Togo a organisé le même congrès panafricain. J’en étais le président du comité scientifique. L’Algérie, dont la révolution de 1954 a inspiré le mouvement de décolonisation, a organisé une conférence sur les crimes de la colonisation en 2021. »

Pour Dr Lagoke, ce renouveau se voit aussi au niveau des peuples et de la société civile. Il cite l’*Alliance des États du Sahel : Niger, Mali, Burkina Faso, qui « revendiquent le panafricanisme ». Au Sénégal, il évoque « la révolution du Pasteur Ousmane Sonko et de Diomaye » en 2024, qu’il inscrit dans cette même « vague panafricaniste ».

« Plusieurs mouvements sont en train de s’organiser par rapport à la question de la réparation et bien d’autres. Sans citer la révolution du pasteur, la révolution qui s’est passée ici au Sénégal en 2012, la révolution du Burkina Faso en 2014… Voilà ce qui est en train de parler dans ce contexte-là de panafricain », a-t-il ajouté.

Le MJM 466-64 veut incarner l’héritage de Mandela Créé pour perpétuer l’œuvre de Nelson Mandela, le Mouvement des Jeunes Madibaristes multiplie les actions concrètes. Au-delà des conférences, le mouvement organise régulièrement des Journées d’Investissement Humain : nettoyages de la Corniche Ouest, de l’île de Gorée et de l’UCAD, pour « donner de son temps au pays ».

Baye Saliou Séne, fraîchement nommé coordinateur du MJM 466-64, a réaffirmé cette mission : « Je suis prêt à marcher sur les pas de mon prédécesseur, c’est-à-dire d’unir la jeunesse africaine autour de l’héritage qu’a laissé Nelson Mandela. Perpétuer son œuvre et organiser des activités qui nous permettront de réfléchir et de mettre des actions en place pour faire connaître l’idéologie de Mandela. »

Entre théorie et pratique, le MJM 466-64 veut ainsi former une jeunesse consciente de son rôle. D’un côté, débattre des grandes questions africaines comme la gouvernance participative à travers l’Ubuntu. De l’autre, poser des actes citoyens pour améliorer le cadre de vie. 466-64, ce sont les années de détention de Nelson Mandela. Un chiffre que le mouvement porte comme boussole.

Samba NDOYE