AccueilSociétéXénophobie : Le Collectif "KAWTAL PELLE" alerte sur la stigmatisation des étrangers...

Xénophobie : Le Collectif « KAWTAL PELLE » alerte sur la stigmatisation des étrangers et dénonce un « danger pour la cohésion sociale »

-

Le Collectif d’Associations contre la Xénophobie « KAWTAL PELLE NGAM HABAADE LEÑAM-LEÑAMAAGU » a réuni la presse ce jeudi pour tirer la sonnette d’alarme. Face à ce qu’il qualifie de « montée de discours, d’actes et de comportements xénophobes visant des personnes étrangères vivant au Sénégal », le collectif met en garde contre un phénomène qui « pourrait fragiliser la cohésion sociale, la paix et l’image du Sénégal ».

Pour le Collectif, la diversité est une richesse. « Des Sénégalais vivent, travaillent et entreprennent partout dans le monde. De la même manière, de nombreux ressortissants vivent aujourd’hui chez nous. Cette réalité est une richesse ».

S’il reconnaît que « lorsqu’un individu commet une infraction, il doit répondre de ses actes devant la loi, quelles que soient sa nationalité et son origine », le collectif dénonce le « glissement dangereux » qui consiste à « transformer les actes d’une personne en accusation contre toute une communauté ».

La stigmatisation répétée des Fulbe originaires de la République de Guinée vivant au Sénégal est un point focal de la déclaration. « Nous constatons et nous documentons la multiplication de propos et de publications qui tendent à présenter cette communauté comme un problème, voire comme une menace », accuse « KAWTAL PELLE ».

Le collectif rappelle un principe : « La responsabilité est individuelle : elle ne se transmet ni par l’origine, ni par la nationalité, ni par l’appartenance communautaire ». Il souligne que ces femmes et ces hommes « travaillent, étudient, entreprennent, créent des emplois et participent à la vie du pays » et que « leurs droits et leur dignité doivent être protégés ».

Le Collectif interpelle publiquement M. Tahirou Sarr et le Mouvement nationaliste sénégalais « Jël Liñu Moom ». Il estime que « leur discours sur la question de l’immigration mérite un débat public sérieux, contradictoire et documenté ». « Le débat sur l’immigration est légitime, la stigmatisation d’une communauté ne l’est pas. La défense des intérêts du Sénégal est légitime, la désignation d’un peuple comme bouc émissaire ne l’est pas », martèle le collectif.

Il reconnaît toutefois au Sénégal « le droit de contrôler ses frontières, de faire respecter ses lois et de définir sa politique migratoire », mais à condition que cela se fasse « dans le respect de la dignité humaine, de l’État de droit et du principe de non-discrimination ».

Le collectif rappelle que « la liberté d’expression est un droit fondamental. Mais elle ne doit pas devenir un permis d’inciter à la haine ou à la violence ». Il interpelle directement « les responsables politiques, les journalistes, les influenceurs et les créateurs de contenu » qui portent « une responsabilité particulière ».

« Lutter contre la xénophobie ne signifie pas nier les difficultés rencontrées par les Sénégalais. L’emploi, le commerce, l’immigration, la sécurité doivent pouvoir être débattus librement mais dans le respect des personnes », ajoute-t-il.

Le Collectif élargit son propos à l’ensemble de la communauté peule. « Lorsqu’on stigmatise les Fulbe de la République de Guinée, cette stigmatisation résonne auprès des Fulbe du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Mali, de la Mauritanie, du Nigeria… car il n’existe pas une seule partie de cette planète où l’on ne trouve des Fulbe ».

« Notre réponse ne sera ni la violence ni la vengeance. Elle sera la mobilisation citoyenne, le droit, la justice, le dialogue et la solidarité », assure le collectif.

« KAWTAL PELLE » formule plusieurs recommandations :
– Aux autorités : « vigilance accrue face aux discours de haine, condamnation claire et publique, application impartiale de la loi, protection de toutes les personnes vivant légalement au Sénégal ».
– Aux médias et créateurs de contenu : « vérifier les informations avant de les diffuser. Une information responsable peut apaiser une société, une information irresponsable peut l’enflammer ».
– Aux communautés étrangères : « respecter les lois et règlements en vigueur au Sénégal », comme le collectif exhorte « les Sénégalais résidant à l’étranger à agir de même ».

« Nous ne voulons pas d’un Sénégal où l’on juge une personne avant de connaître ses actes. Nous voulons un Sénégal où la loi est la même pour tous et où les différends se règlent par le dialogue et par la justice », conclut le Collectif.

Samba NDOYE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Publicité-spot_img

À ne pas manquer

Renforcement de la sensibilisation sur la santé visuelle en Afrique: lapaire...

0
En prélude de la journée mondiale de la vue qui sera célébrée le 8 octobre 2026, Lapaire a fait face à la presse ce...