Politique

Ministère de l’Énergie et du Pétrole : Dr Abdourahmane Diouf face à la presse pour assumer les difficultés et expliquer la stratégie gazière

Dans un exercice de transparence inédit, le ministère de l’Énergie et du Pétrole, dirigé par le Dr Abdourahmane Diouf, a convié les rédactions nationales et internationales à un petit-déjeuner de presse ce jeudi matin. Objectif affiché : faire le point sans fard sur la gestion des ressources gazières et pétrolières.

Dès l’entame, le ministre a donné le ton : « Cette initiative est un choix de transparence, le choix de la pédagogie et le choix de rendre compte. Dans un secteur aussi stratégique que l’énergie, nous considérons que l’information ne doit pas rester enfermée dans les bureaux des administrations, dans les conseils d’administration ou dans les rapports techniques. Elle doit être accessible, elle doit être expliquée, elle doit pouvoir être discutée. Et lorsqu’il existe des difficultés, elle doit aussi pouvoir être assumée et comprise. La transparence n’est pas pour nous une option. Ce n’est pas simplement un exercice de communication. Elle doit devenir une méthode de gouvernement ».

Et de préciser : « Nous ne sommes pas ici pour vous présenter un secteur parfait, ni pour embellir des chiffres ou éluder des questions difficiles. Nous sommes ici pour vous dire où nous en sommes, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas encore suffisamment, ce que nous sommes en train de corriger et surtout, où nous voulons aller ».

Pour Dr Diouf, l’enjeu dépasse la technique : « L’énergie concerne chaque Sénégalais. Elle concerne la famille qui allume une lampe, l’entrepreneur qui doit faire fonctionner son atelier, l’industriel qui doit produire à coût compétitif, l’agriculteur qui a besoin d’énergie pour irriguer, transformer et conserver. Elle concerne aussi notre souveraineté, notre industrialisation et notre capacité à créer des emplois ».

Sur les perturbations électriques de ces dernières semaines, le ministre n’a pas cherché à minimiser : « Nous avons connu des tensions sur l’équilibre entre l’offre et la demande, des indisponibilités de certaines capacités de production et des difficultés ponctuelles liées à l’approvisionnement en combustible. Nous ne devons ni minimiser ces difficultés, ni les dramatiser. Nous devons juste les traiter ».

Il a rappelé les chiffres : la demande a progressé de plus de 12%, avec une pointe appelée à 1400 MW, alors que la capacité installée dépasse 2300 MW. « Cela signifie qu’un système électrique ne se résume pas à additionner des MW installés. Il faut disposer des bonnes capacités au bon moment. Il faut du combustible, des centrales disponibles, des réseaux suffisamment solides, des réserves et anticiper l’augmentation de la demande », a-t-il expliqué.

L’objectif du gouvernement est double : « sécuriser durablement l’approvisionnement électrique du pays et réduire progressivement le coût de production ».

Pour cela, le ministère accélère plusieurs chantiers : nouvelles capacités, renforcement des réseaux, stockage, énergies renouvelables, mais surtout le basculement vers le gaz naturel. « Aujourd’hui encore, une part importante du coût de notre électricité provient des combustibles liquides. Notre stratégie Gaz-to-Power vise précisément à sortir progressivement de cette dépendance. C’est tout le sens du développement du réseau gazier du Sénégal, avec environ 340 kilomètres de gazoducs programmés, qui permettra demain d’acheminer notre propre gaz vers nos centrales électriques et vers nos industries », a annoncé Dr Diouf.

L’ambition, selon lui, n’est pas seulement de produire du pétrole et du gaz, mais de transformer cette ressource naturelle en énergie compétitive pour l’économie sénégalaise, tout en parlant sans tabou du coût réel de l’électricité : production, acheminement et entretien des réseaux.

La rencontre s’est poursuivie par un échange direct et sans filtre avec les journalistes sur les réformes, les contrats et la gestion des revenus pétro-gaziers.

Samba NDOYE

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