Crise à l’Hôtel Radisson de Diamniadio : Les travailleurs licenciés tirent à boulets rouges sur Dame Mbodj et interpellent le Président Diomaye

Dakar, 7 octobre 2026 – La colère gronde chez les ex-employés de l’hôtel Radisson Diamniadio. Lors d’un point de presse tenu ce mardi, Omar Gueye, Vice-président du collège des délégués, a fait de graves révélations sur la gestion du dossier et a lancé un appel solennel au Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Selon Omar Gueye, le calvaire dure depuis 13 mois. Avant de quitter les lieux, les délégués avaient rencontré le ministre sortant Amadou Ba. « Il nous a rassurés, il nous a dit de dire à nos collègues de quitter les lieux pour qu’on puisse réfectionner l’hôtel. Et ensuite, on va tous vous reprendre dès qu’on aura un nouveau exploitant », a-t-il rappelé.
Le ministre s’appuyait sur un rapport du ministère du Travail, à l’époque sous Olivier Boucal, qui reconnaissait que les torts venaient d’instructions d’Istanbul et non du personnel.
Mais en juillet dernier, coup de théâtre : les travailleurs apprennent via une annonce de recrutement du Térou-Bi pour Diamniadio qu’un nouvel exploitant a été choisi sans qu’ils ne soient informés.
Les délégués disent avoir saisi par courrier la SOGIP. Reçus par son Directeur Général, Dame Mbodj, ce dernier leur aurait affirmé que « tout le personnel serait repris », conformément à l’article L66 du Code du travail qui oblige tout repreneur à conserver les contrats existants.
Pourtant, lors des entretiens organisés par le Térou-Bi, la réalité est tout autre : « On nous propose des contrats de 6 mois avec des salaires divisés par deux. Si tu percevais 300 000 FCFA, on te propose 150 000 FCFA. On nous dit : soit vous prenez ça ou pas, on n’a aucune obligation. Dans le contrat que Dame Mbodj a donné, il n’y a aucune obligation pour qu’on vous reprenne », dénonce Omar Gueye.
Le syndicaliste accuse Dame Mbodj d’avoir négocié seul le contrat d’exploitation, sans saisir les deux ministères concernés : le ministère du Travail et le ministère du Tourisme. « Il a fait le rôle des deux ministères. L’agrément, la licence pour l’ouverture de l’hôtel, c’est le ministère du Travail qui le donne. Ce n’est pas lui. En héritant d’un dossier contentieux, il devait au minimum saisir par courrier les ministères. Il a dit lui-même que les rapports, il les donne directement au Président de la République. C’est comme s’il a plus de pouvoir que le Premier ministre », s’insurge-t-il.
Il rappelle que le Premier ministre Ousmane Sonko avait donné des instructions pour régler la situation des employés : « Pourquoi respecter le Premier ministre sortant et ne pas respecter le Premier ministre actuel ? »
Omar Gueye révèle l’ampleur du préjudice : « Durant l’année de fermeture, le chiffre d’affaires perdu dépasse 10 milliards. On sait combien l’hôtel faisait rentrer par an. C’est un hôtel qui apporte des milliards à l’État, qui fonctionne 7 jours sur 7, contrairement aux autres infrastructures de Diamniadio qui ne fonctionnent que sur événement ».
Et la situation sociale est dramatique : « On a été licenciés sans droit. Pour le moment, on n’a rien reçu. Sans salaire. Même les derniers mois travaillés, on ne les a pas reçus. Personne n’a reçu de certificat de travail ».
Les délégués disent avoir saisi le ministère du Travail actuel, le ministre Mamadou Lamine Dianté, son Directeur de Cabinet Omar Fall, la Directrice du Travail et l’Inspecteur de Rufisque. Tous confirment selon eux que l’article L66 impose la reprise avec les mêmes avantages.
Ils ont également saisi le ministère du Tourisme, Alpha Thiam, et affirment détenir des preuves que le Premier ministre a instruit la SOGIP, le ministère du Travail et la SOGIP de régler le dossier.
Le collège des délégués dit avoir écrit au Président Bassirou Diomaye Faye et interpelle deux députés soutiens de longue date : Pape Djibril Fall et Guy Marius Sagna. « Si le Térou-Bi pense qu’on a faim et qu’on va accepter n’importe quel contrat parce qu’on est resté un an sans travail, il se trompe. Nous, on a un combat de principe. Et ce combat, nous le menons jusqu’au bout ».
Omar Gueye conclut avec une menace à peine voilée : « Que Dame Mbodj sache que tout ce qui se passera retombera sur son dos. On va saisir toutes les instances compétentes. Nous sommes prêts à rallier Diamniadio, quel que soit ce qui pourra nous arriver ».
Les travailleurs demandent leur réintégration immédiate avec les mêmes contrats et avantages, et appellent le Président Diomaye à « être beaucoup plus vigilant sur les rapports que Dame Mbodj met sur ce contrat ».
Samba NDOYE



